Vous tapez « guerlot » sur Google et les résultats partent dans tous les sens ? D’un côté, on vous parle d’un mot québécois, de l’autre d’une entreprise de peinture en France. On vous le dit tout de suite : les deux existent et n’ont aucun rapport. Dans cet article, on démêle tout ça pour vous. On va voir la définition exacte du mot, son histoire, et qui est l’entreprise Guerlot.
Guerlot : un mot québécois et un nom d’entreprise
- Le mot « Guerlot » : C’est un terme du français québécois, avec des variantes comme grelot ou gorlot. Il peut désigner une petite pomme de terre, la bouche (de manière péjorative), ou une personne jugée niaise.
- Le nom « Guerlot » : C’est un nom de famille français, notamment celui de l’entreprise SGP – Société Générale de Peinture Guerlot. C’est une SARL spécialisée dans les travaux de peinture, basée dans l’Aisne (02) depuis 1990.
Définition et sens du mot « Guerlot » au Québec
Le mot « guerlot » est un bon exemple de la richesse du français parlé au Québec. Il n’a pas un seul sens, mais plusieurs, qui dépendent beaucoup du contexte. On a épluché les dictionnaires pour vous donner une vision claire de ses usages.
La pomme de terre et ses dérivés
Le sens le plus courant et le moins péjoratif du mot « guerlot » est lié au monde végétal, et plus particulièrement à la pomme de terre. C’est une référence que vous pourriez entendre dans un contexte familier ou rural.
Voici les différents sens qu’on rencontre :
- Une petite pomme de terre : C’est l’usage principal. Si on vous parle de « faire sauter des guerlots », il s’agit simplement de cuisiner de petites pommes de terre, souvent nouvelles.
- La baie du plant de pomme de terre : Avant de donner des tubercules, le plant de pomme de terre produit de petites baies vertes, toxiques. Au Québec, on peut les appeler des guerlots. C’est d’ailleurs une des premières attestations écrites du mot en 1844.
- Une roche ronde : Par extension, et à cause de la ressemblance de forme, le mot a été utilisé pour désigner une petite roche ronde. On en trouve une trace écrite dès 1686 dans un journal d’expédition.
- Une motte de terre gelée : Dans certaines régions, un « guerlot » peut aussi être une motte de terre durcie par le gel, qu’on trouve dans les champs en hiver.
« Ferme ton guerlot ! » : la bouche en argot
On change complètement de registre. Dans un langage beaucoup plus familier, voire péjoratif, « guerlot » est un synonyme de « bouche ». On ne l’utilise pas pour parler de votre propre bouche, mais plutôt pour parler de celle de quelqu’un d’autre, souvent avec agacement.
L’expression à connaître :
L’usage le plus connu est l’expression « fermer son guerlot« . C’est une manière très directe et peu polie de dire à quelqu’un de se taire. C’est l’équivalent du « ferme ta boîte » ou « ferme-la » en France. On a constaté que ce sens, bien que vieilli, reste compris de beaucoup de Québécois.
« Un vrai guerlot » : qualifier une personne
C’est sans doute l’usage le plus complexe, car il peut varier de la simple moquerie à l’insulte. Utiliser « guerlot » pour décrire une personne, c’est rarement un compliment. Le sens exact dépend beaucoup de l’intonation et des mots qui l’accompagnent.
On peut l’utiliser de plusieurs façons :
- Comme un nom : Dire de quelqu’un que c’est « un vrai guerlot » ou « un maudit guerlot » signifie qu’on le trouve niais, un peu imbécile ou simplet. Parfois, ça peut aussi vouloir dire qu’il est juste un peu original, un plaisantin ou un fanfaron.
- Comme un adjectif : On peut aussi dire d’une personne qu’elle a « l’air guerlot ». Ça veut dire qu’elle a une apparence un peu gauche, pas très futée.
- Pour décrire un état (avec la variante « gorlot ») : Une expression courante est « être pas mal gorlot ». Ça signifie être un peu ivre, éméché. Fait intéressant, cette forme est invariable, on dira « elle est pas mal gorlot » et non « gorlotte ».
Un sens plus familier
Enfin, dans un registre très argotique et plutôt masculin, le mot « guerlot » au pluriel peut être utilisé de manière imagée pour désigner les testicules, que ce soit pour un animal ou un homme. C’est un usage rare et qu’on vous déconseille d’employer si vous n’êtes pas certain du contexte.
Histoire et étymologie : d’où vient le mot « Guerlot » ?
Ce mot n’est pas apparu de nulle part. Son histoire est liée à celle de la langue française, à ses évolutions et à ses voyages. Comprendre son origine permet de mieux saisir pourquoi il a autant de sens différents.
L’origine première du mot est germanique. Les linguistes font remonter « guerlot » et sa forme initiale « grelot » au moyen haut-allemand « grillen », qui signifiait « crier » ou « chanter » pour une cigale. Ce mot a donné en français « grelot », la petite sphère métallique qui produit un son. C’est par analogie de forme (petit, rond) que le mot a ensuite été appliqué à d’autres objets.
La transformation de « grelot » en « guerlot » est un phénomène linguistique appelé métathèse, où l’on inverse des sons dans un mot (le ‘r’ et le ‘e’ ont changé de place). C’est quelque chose de courant dans l’évolution des langues. Les autres variantes, comme gorlot ou garlot, s’expliquent par un changement de voyelle, typique de certains parlers régionaux au Québec mais aussi en France (Picardie, Bourgogne).
Chronologie des sens au Québec 📋
Pour mieux comprendre son évolution, voici les dates des premières apparitions écrites de chaque sens au Québec :
- 1686 : Le sens de « roche ronde » est attesté dans le journal du chevalier de Troyes.
- 1844 : Le journal Le Canadien utilise le mot pour désigner la « baie du plant de patate« .
- 1898 : L’écrivain Louis Fréchette l’emploie pour la première fois pour qualifier une « personne niaise« .
- 1912 : La première trace écrite du sens de « bouche » apparaît.
- 1973 : Le sens d’ « éméché » (être gorlot) est documenté plus tardivement.
Ce parcours montre bien que le mot a eu une vie propre au Québec, développant des sens qui n’existaient pas forcément en France. Il est le fruit d’un héritage français adapté à une nouvelle réalité.
L’entreprise SGP Guerlot : une société de peinture dans l’Aisne
On quitte maintenant le Québec pour la France. Si vos recherches sur « guerlot » vous ont mené vers des informations sur une société, il s’agit très certainement de la SGP – Société Générale de Peinture Guerlot. Il n’y a aucun lien avec le mot québécois, « Guerlot » est ici un nom de famille.
Cette entreprise est une société à responsabilité limitée (SARL) qui opère dans le domaine du bâtiment. Son activité principale, enregistrée sous le code APE 43.34Z, concerne les travaux de peinture et de vitrerie. Concrètement, son domaine d’intervention couvre :
- Tous travaux de peinture intérieure et extérieure
- La décoration
- La vitrerie et la miroiterie
- La pose de revêtements de sols et de murs
Pour vous donner des informations précises, on a rassemblé les données publiques de l’entreprise.
| Caractéristique | Information |
|---|---|
| Dénomination sociale | SGP SOCIETE GENERALE DE PEINTURE GUERLOT |
| Forme juridique | SARL (Société à responsabilité limitée) |
| SIREN | 379 570 732 |
| Code APE | 43.34Z (Travaux de peinture et vitrerie) |
| Capital social | 7 622,45 € |
| Date de création | 1990 |
| Siège social actuel | 3 RUE AMPERE, 02000 LAON |
L’entreprise a été inscrite au registre du commerce et des sociétés de Saint-Quentin en novembre 1990. Son siège social n’a pas toujours été à Laon. Auparavant, elle était située au 7 Rue Jean Moulin, 02840 Athies-sous-Laon de 1992 à 2021. Son premier siège, de 1990 à 1992, était à Mons-en-Laonnois. Ces informations peuvent être utiles si vous cherchez des archives ou d’anciens dossiers concernant cette société.
D’après les informations publiques, les gérants de l’entreprise sont Monsieur Roland Camille Guerlot et Madame Anne Jeanne Renée Vitrant (nom d’usage Guerlot). C’est donc bien une entreprise familiale qui porte le nom de ses fondateurs.
Conclusion : que retenir du terme « Guerlot » ?
Au final, « guerlot » est un parfait exemple d’homonymie. D’un côté, on a un mot du français québécois, riche de plusieurs siècles d’histoire et de sens variés, allant de la pomme de terre à l’insulte. De l’autre, on a un nom de famille français, porté par une entreprise de peinture bien réelle dans le département de l’Aisne. Le contexte est donc essentiel pour savoir de quoi on parle et éviter toute confusion. Maintenant, vous savez faire la différence.
