Vous êtes tombé sur le mot « pissouse » et vous vous demandez ce qu’il peut bien vouloir dire ? On vous le dit tout de suite : ce n’est pas un terme anodin. C’est un mot rare, très localisé et surtout chargé d’une connotation bien particulière. On va être direct avec vous : son usage est délicat. On vous explique en détail sa définition, son origine bourguignonne et pourquoi il vaut mieux le connaître que l’utiliser.
Pissouse : Définition complète d’un terme régional
| Sens principal | Contexte et Région | Nuance / Registre de langue |
|---|---|---|
| Jeune femme, jeune fille | Principalement en Bourgogne | Péjoratif, terme désobligeant et misogyne |
| Jeune fille vierge, pucelle | Sens plus spécifique, souvent littéraire, lié à la Bourgogne | Très daté et péjoratif |
| Fillette, très jeune fille | Usage plus large mais toujours localisé | Argotique et populaire, très familier |
Pour être complet, on précise que la prononciation est \pi.suz\ (comme « pisseuse ») et que son pluriel est tout simplement pissouses. Comme vous pouvez le voir, le point commun de ces définitions est le caractère désobligeant du mot. Ce n’est jamais un compliment.
Origine et Étymologie : D’où vient le mot « pissouse » ?
La question de l’origine est centrale pour comprendre ce mot. On ne va pas se mentir, les informations sont rares, mais tout pointe dans la même direction : la Bourgogne. C’est un régionalisme pur et dur, un mot du terroir qui n’a jamais vraiment quitté sa région d’origine.
Son étymologie semble assez transparente. Le mot est très probablement un dérivé du verbe « pisser », auquel on a ajouté le suffixe féminin « -ouse ». Ce suffixe est souvent utilisé en français pour former des noms ou des adjectifs, parfois avec une nuance péjorative (pensez à « pleurnichouse » ou « frileuse »).
Deux hypothèses sur le lien avec « pisser » :
- Une référence à la très jeune enfance : le terme aurait pu désigner à l’origine une fillette qui n’est pas encore « propre », un peu comme on dirait « pisseuse ».
- Une connotation plus vulgaire et directe, en lien avec le corps féminin, comme le suggère l’usage qu’en fait l’auteur Henri Vincenot.
Cette origine argotique et très localisée explique pourquoi vous ne trouverez pas le mot « pissouse » dans les grands dictionnaires comme le Larousse ou le Robert. Il appartient à un vocabulaire populaire et régional, transmis oralement plus que par écrit.
Un terme popularisé par l’auteur Henri Vincenot
Si ce mot a une petite notoriété en dehors de la Bourgogne, c’est en grande partie grâce à un auteur : Henri Vincenot (1912-1985). Cet écrivain et artiste français, profondément attaché à ses racines bourguignonnes, est célèbre pour ses romans qui font la part belle aux traditions et, surtout, au parler local.
Dans son roman « Le Pape des escargots », publié en 1972, il met le mot « pissouse » dans la bouche d’un de ses personnages, dans un passage assez cru et technique. L’utilisation de ce terme permet à Vincenot d’ancrer son récit dans une réalité régionale et de donner une couleur authentique à ses dialogues.
« Dans une cathédrale la tierce donne les chapiteaux du chœur, la quinte donne le chapiteau du triforium et l’octave donne les chapiteaux de base de la voûte, voilà pourquoi… Mais que vais-je dire là à une pissouse, dont le nom est fendu en deux comme une vulve ? »
Cette citation est célèbre car elle illustre parfaitement l’usage littéraire d’un mot populaire. Vincenot ne l’utilise pas gratuitement ; il s’en sert pour caractériser son personnage, son milieu et sa façon de parler. C’est cet usage qui a permis de conserver une trace écrite de ce terme autrement très oral.
Le « Ruisseau de la Pissouse » : un homonyme géographique
Attention à ne pas tout mélanger. Le nom commun « pissouse » a un homonyme, c’est-à-dire un mot qui se prononce pareil mais qui n’a rien à voir : le nom propre « Ruisseau de la Pissouse ». On nous pose parfois la question, et non, ces ruisseaux n’ont pas un nom insultant.
Cette page d’homonymie répertorie différents sujets ou articles portant le même nom. On connaît sous le nom « Ruisseau de la Pissouse » deux ruisseaux en France :
- Un premier en Bretagne, dans la commune de Trédion (Morbihan).
- Un second en Franche-Comté, qui est un affluent de la rivière la Furieuse, près de Salins-les-Bains (Jura).
L’origine de ce toponyme (nom de lieu) n’est évidemment pas liée à l’insulte. Elle vient plus probablement du bruit de l’eau qui coule. Dans un français ancien et régional, le verbe « pisser » pouvait simplement vouloir dire « couler en petit jet ».
Notre conseil 💡
Une autre piste pour l’origine du nom de ces ruisseaux est le mot « pissotière » ou « pissotte », qui dans certaines régions désignait une petite source, une résurgence d’eau ou un lieu où l’eau suinte. L’origine est donc descriptive et non péjorative.
Faut-il utiliser le mot « pissouse » aujourd’hui ?
On va être très clair avec vous : non, sauf si vous voulez sciemment être désobligeant ou si vous citez une œuvre littéraire. C’est un mot qui est à la fois très rare, très daté et géographiquement marqué. En dehors d’une conversation sur le folklore bourguignon, personne ne l’utilise.
Surtout, sa connotation est fortement péjorative et misogyne. Ce n’est pas un petit nom affectueux ou une taquinerie. C’est un terme qui rabaisse la personne qu’il désigne. Son intérêt aujourd’hui est avant tout linguistique et historique : il nous renseigne sur un état de la langue et des mentalités dans une région et à une époque données.
Ce qu’il faut retenir 📋
Le mot « pissouse » est un terme argotique bourguignon pour désigner une jeune femme de manière péjorative. Il est aujourd’hui désuet et son usage est fortement déconseillé dans une conversation normale. On le garde pour l’étude du vocabulaire régional ou pour comprendre les dialogues d’Henri Vincenot.
